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Skier 33 km en 11 heures en passant par 7 refuges

Le titre résume pas mal le défi… donc pas besoin d’en rajouter… sauf que vous vous demandez sûrement comment on se « crinque » pour un tel défi, ou pourquoi on « s’impose » une telle journée durant notre semaine de vacances? Alors d’accord, je vais vous donner un peu plus de détails!

Une passion : le ski nordique

Mon conjoint Patrice et moi, nous avons le ski nordique comme passion. L’hiver est notre saison favorite, et on la trouve bien courte! D’autant plus qu’en mars 2020, avec le confinement, notre saison de ski a été brusquement écourtée de ses derniers beaux week-ends.
En 2021, tout en respectant les règles en vigueur, nous avions l’intention d’en profiter au maximum! Nous avons donc planifié une semaine de vacances au Parc Montagne du Diable, dans un chalet nature sur pilotis au Village des Bâtisseurs. Excellent choix, de tous les chalets, celui-là est mon coup de coeur pour des vacances d’une semaine. Nous en avons l’exclusivité, et on s’est étalé pas mal. Même s’il s’agit d’un chalet pouvant accueillir 6 personnes, croyez-moi, à nous 2 on a bien rempli l’espace avec notre stock!

 

Releveurs de défis

Arrivés le vendredi 5 février au soir, nous débutons une semaine magique de ski nordique dans notre parc adoré de la Montagne du Diable.
Après 2 jours de ski, nous sommes bien réchauffés, et on commence à regarder la carte des sentiers avec notre « oeil de releveurs de défis ».
J’avais déjà mentionné à Patrice, quelques semaines auparavant, que j’aimerais faire le sentier qui mène au Versant Nord, car je n’ai jamais exploré cette section de la A. Et ce sentier semble rarement fréquenté. À chacune de nos montées par la B, en arrivant à la jonction de la A, nous remarquons que le sentier en direction du Versant Nord n’est pas ouvert (« pas ouvert » = aucune trace de ski dans la neige même lorsque la dernière précipitation remonte à quelques jours). Pour Patrice et moi, qui aimons la neige fraîche (bon, ok, tous ceux qui pratiquent des sports d’hiver aiment la neige fraîche), c’est une belle invitation à aller s’y promener.
Et tout en parlant du Versant Nord, j’avais ajouté que ce serait vraiment « intense » de se faire un défi d’une journée qui passerait par tous les refuges principaux (Nord-Aube-Sud-Ouest). À cela, Patrice avait répondu « et il faut ajouter l’Abri du vent »…!
Ce dernier refuge rajoutait 3 km au défi de 30 km que j’avais en tête…

 

Commencer par rêver

On aime bien analyser les cartes de ski d’avance lorsqu’on est chez nous, en ville à Montréal. Et durant nos semaines de travail qui manquent cruellement de plein air, j’ai l’habitude de formuler des défis un peu fous, juste pour me faire rêver de ski. Ces rêveries me donnent la motivation de passer à travers ma journée de travail, surtout quand elle implique plusieurs heures de trafic… car on se sent bien loin des montagnes et du grand air frais, sur l’autoroute 40 en plein heure de pointe!
La discussion s’était arrêtée là, l’idée du 33 km était excitante, mais aussi intimidante. À suivre…

 

Le défi “P&C”

Je résume: intérêt pour un sentier Versant Nord, intérêt pour un défi passant par plusieurs refuges, semaine de vacances qui débute, et la motivation qui est au rendez-vous… tous les éléments sont réunis pour un autre Défi P&C (PC ce n’est pas comme un ordinateur PC, ou comme un aliment President Choice… mais plutôt comme Patrice & Caroline!)

Donc lundi 8 février, c’est décidé: lever à 4h45 (encore plus tôt que pour aller travailler!), bon gros déjeuner, paquetage du sac-à-dos, on s’habille et…on part de notre chalet sur pilotis à 6h45!

Le soleil n’est pas encore levé lorsqu’on commence le sentier de ski tracé #6 pour se rendre au 1er refuge de notre défi, le « Petit Refuge ».

On voit alors les premiers rayons se lever à l’horizon. La glace se forme sur mes cils, il fait -25C ressentis (la température ambiante peu importe, c’est celle ressentie qui compte vraiment en plein air). Je me félicite pour l’achat de ma nouvelle cagoule, j’ai le menton à l’abri du froid ce matin.

Ensuite, on prend la A pour se rendre au Refuge #2 le « Versant Nord », et on poursuit sur la A en direction de la Paroi de l’Aube. J’ai vraiment faim durant la montée à la Paroi, il est déjà 11 heures (plus tard que ce qu’on avait prévu pour l’atteindre). Mon déjeuner ainsi que tous les biscuits-santé mangés depuis le départ sont digérés, et mon estomac me réclame plus!
Arrivés au refuge #3 « Paroi de l’Aube », on part un feu mais tout est glacial et humide à l’intérieur, personne n’a dû le chauffer la veille.

J’accroche ma cagoule à un crochet à côté du poêle à bois, je mange ma première sandwich (j’en ai 2 pour cette journée de défi), je change bas, mitaines et chandail merino (tout est trempe avec cette montée de plusieurs heures).
On reste assis à peine 15 minutes, et lorsque je reprends ma cagoule, c’est devenu un casque de glace rigide! Vraiment désagréable de mettre une cagoule gelée/moite/froide sur ma petite tête de cheveux humides. Je regrette de l’avoir enlevée en espérant qu’elle sèche… le refuge ne nous a pas réchauffés, ni Patrice, ni moi, ni ma cagoule. On repart afin de générer un peu de chaleur!
On prend le sentier des crêtes et on a la surprise d’atteindre un refuge qui n’était pas prévu, le refuge #4 « Belzébuth ». Il est nouvellement construit, en fait il est encore en construction. Même les fenêtres ne sont pas encore installées, cela aura lieu plus tard cette semaine (voir MAJ en bas de l’article).
Parle-parle-jase-jase avec un des Amis de la Montagne, Réjean Thibodeau. On lui mentionne que nous sommes en plein défi, et nous visons 33 km d’ici la fin de notre journée!

On continue sur les crêtes jusqu’au Refuge #5 « Versant Sud ». La météo est fixe au Versant Sud, chaque fois nous y trouvons un beau ciel bleu-foncé-mauve avec plein soleil, et aujourd’hui ne fait pas exception! Wow! Même fatigués et motivés par notre défi, on prend le temps d’apprécier la beauté du paysage, le soleil sur notre visage.

Ensuite, on monte jusqu’à l’antenne. J’enlève mon manteau et laisse ma chaleur s’évaporer au grand vent… il est 14 heures et j’ai l’impression d’avoir passé les 7 dernières heures à monter, il est temps de descendre un peu, non?
Alors oui, une petite descente vers le refuge #6 « Versant Ouest », puis de la grosse descente par la D1 vers la jonction de la D. Il est 14h20, et on doit décider si c’est réaliste de pousser jusqu’à l’Abri du Vent ou si c’est plus sage de revenir directement au Village des Bâtisseurs.
On calcule notre vitesse moyenne, les kms restants, on évalue notre énergie et on discute du coucher du soleil…
On continue, on est capable!!!
Et en plus, il reste un thermos de soupe dans le sac-à-dos de Patrice, on se promet de le manger à l’Abri du vent, ce sera notre récompense (en plein air, la bouffe est la source première de motivation dans bien des situations!).

Alors on file vers notre dernier refuge de la journée, le refuge #7 « Abri du vent ». La montée finale vers ce refuge est ultra-pénible. J’enlève mes skis pour les derniers 100 mètres, je me traîne les pieds jusqu’au balcon. C’est là qu’on s’assoit pour manger, car à l’inverse de la Paroi de l’Aube, c’est uniquement un refuge et la clé est remise à ceux qui y dorment, encore dû aux règles covid (voir MAJ en bas de l’article).
Curieusement, en étant seulement assis sur le balcon, on se sent malgré tout « dans la bulle du refuge » et on trouve ça chaleureux.
On savoure notre soupe St-Hubert de poulet et riz. Même si elle est tiède (après toutes ces heures, le thermos ne fait plus autant effet), on s’en fou!
Best soup ever!!!
Pas le temps pour une longue pause, il faut déjà penser au retour à notre chalet.

Il est 15h45, il nous reste environ 7 km en passant par le sentier E puis par le tracé du 8b. Au pire on fera la section tracée à la frontale, le sentier est si large, ce sera sécuritaire malgré la noirceur. Après 200 mètres de montée sur la E, on enfile nos kickers. Même si les demi-peaux nous ralentissent, elles nous économisent beaucoup d’énergie dans les montées, ce qui est important à ce stade du défi. Il faut se l’avouer, nos forces et notre concentration nous abandonnent tranquillement… bon, ok, je dis « nous », mais je devrais seulement parler pour moi-même… car mon conjoint Patrice a de l’énergie fois 1000 et il va encore super bien! On enlève seulement les kickers rendus au sentier tracé 8b.

Et là, Patrice fait une chose que je n’ai jamais vu, dans toutes nos années de plein air et de défis fous… il s’assoit (ou plutôt s’écrase) au milieu du sentier, et il a un regard… épuisé!!!

Oui, oui, mon Patrice est épuisé!!!! 

Et pour cette raison, je considère avoir relevé un vrai gros défi… mon conjoint est épuisé, ça veut dire qu’on a fait du « gros stock » aujourd’hui!
Après tout, c’est vrai, on a fait 33 km en passant par 7 refuges, avec beaucoup d’ascensions, et un départ avant le lever du soleil… ce n’est pas juste une petite balade!

On finit par skier les derniers 3 km, et à 17h45 on arrive « chez nous » (au chalet de pilotis, mais on appelle ça « chez nous » ou « la maison » durant notre semaine de vacances).
Total de 11 heures dehors à skier!
Bon d’accord, sur ces 11 heures, on a pris quelques pauses pour photos, pipi, biscuits, pipi, sandwich, pipi, soupe, pipi, photos… mais on considère que ça fait partie de l’activité, et on qu’on a fait 11 heures de ski… après tout, on n’est quand même pas arrêtés une heure pour aller au spa!

Des défis à la hauteur de chacun

J’espère que ça vous donne le goût d’aller skier à la Montagne du diable, notre petit paradis de la neige. On apprécie la tranquillité du parc qui n’est pas aussi fréquenté qu’il pourrait l’être, car il n’a pas atteint sa pleine notoriété. Et en même temps on souhaite partager notre secret à nos amis du plein air…. donc allez-y c’est magnifique!
Et finalement, on espère que ça vous encourage à faire des défis à votre hauteur. La partie « à votre hauteur » est essentielle pour trouver cela plaisant et rester sécuritaire.
Croyez-moi, il y a quelques années, 12 km par jour nous suffisaient, car je n’avais pas la forme que j’ai aujourd’hui. Et Patrice, malgré sa super forme, ne voudrait pas faire un défi qui soit au-delà de mes limites. Et puis, avec l’expérience et l’amélioration de mon endurance, le kilométrage et le dénivelé ont augmenté d’une sortie à l’autre.
Honnêtement, notre défi de skier 33 km en passant par 7 refuges pendant 11 heures, a été super plaisant, car nous étions physiquement prêts et mentalement motivés et sur nos quelques photos, les sourires sont plutôt éloquents!

Alors bon défi à vous!

Caroline Bourassa habite Montréal et est passionnée de plein air. Été comme hiver, elle et son conjoint Patrice sillonnent les parcs régionaux et nationaux du Québec et du Canada. Ski, canot, kayak, vélo, randonnée, escalade, camping, ils explorent la nature de 1000 façons. C’est au Parc Montagne du Diable qu’ils ont décidé de réaliser leur défi nordique 33 | 11 | 7 (Skier 33 km en 11 heures en passant par 7 refuges). Sportive, créative et inspirante, elle livre ses aventures et contribue au blogue du PRMD.

Mises à jour
Caroline et Patrice ont réalisé leur défi 33 | 11 | 7 en février 2021. En 2022, le nouveau refuge “Belzébuth” est complètement terminé et disponible à la location et c’est aussi une halte de jour.
Notez aussi que les refuges en montagne “Paroi de l’Aube”et « Abri du Vent » sont accessibles pour y faire une pause (halte de jour) et pour y dormir.

Envie de vous lancer un défi
comme Caroline et Patrice?

Petits ou grands défis, notre équipe est là pour vous aider à planifier votre venue au PRMD.
N’hésitez pas à nous contacter pour en parler!
En attendant, consultez nos hébergements ou les cartes des sentiers et comme Caroline, commencez à
rêver de votre expédition dans le confort de votre foyer.